Katmandu dans tous ses états | |
Kathmandu, capitale du Népal
06:53, 24/01/2008
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Kathmandu, dont le nom vient de Kasta Mandap, signifie "temple de bois" en sanskrit. Les temples et leurs sculptures sont pour le voyageur effectivement les monuments les plus caractéristiques de l'art népalais et les plus extraordinaires créés dans ce petit royaume si attachant. Nous voici à Katmandu : 1 340 mètres d'altitude seulement, mais bien à la hauteur de notre rêve. Au confluent de deux rivières, la Bagmati et la Bishnumati, la capitale est encerclée par des montagnes de taille moyenne dans les contreforts de l'Himalaya, ce qui explique qu'on parle de la vallée de Katmandou, (qui comprend aussi Patan et Bhaktapur) et est peuplée d'environ 1,5 million d'habitants.
Un peu polluée la ville fait vite oubliée son handicap pour l'ambiance que l'on retrouve dans ses rues. Katmandu séduit par sa gaieté, ses couleurs, ses odeurs et ses festivités, par le charme de ses vieux quartiers et l'animation fiévreuse de ses bazars.
En déambulant dans les rues de Katmandu, on retrouve les vestiges du mouvement hippie dont les effets les plus bénéfiques sont ces multitudes de petits cafés, lodges, restaurants végétariens qui ont essaimé autour de Durbar Square et dans Thamel et qui offrent aux passants des mets savoureux à des prix modiques comme les fameux momo (ravioli tibétain).
On trouve tout ce qu'il faut pour partir en trekking et tous les souvenirs qu'il faut rapporter.
Ce soir c'est la fête des lumières : le dipavali. Katmandu étonne et enchante avec ses palais, ses temples ses pagodes et ses statues de bronze doré ou peintes. Les monuments aux toits qui se surplombent découvrent des passages étroits qui conduisent à des autels garnis d'offrandes, de nourriture, au milieu d'habitation aux portes, fenêtres et balcons somptueusement décorées de fines sculptures. Tout est raffinement.
A chaque pas, un nouveau temple, un autel dédié à Shiva, de petits stupas peints à la chaux, des auvents de cuivre abritant une statue du dieu Ganesh, sa trompe d'éléphant rougie par le vermillon des offrandes, ou des frontons en bois sculpté où trônent les 5 Dhyani Douddha*.
Flâner au milieu de cette animation devient un plaisir qui ne lasse pas. Parcourir de minuscules marchés où les fleurs, les fruits, les légumes, les tissus sont présenté avec le plus parfait naturel à côté de grosses boules de sel gris ou de savon brun sur la poussière des rues.
Peu importe la première réaction devant les détritus, les chiens, les vaches, les chèvres qui errent en liberté.
Des joailliers cisèlent des bijoux d'or et d'argent, des potiers, des vanniers, des femmes qui filent la laine avec de rudimentaire outils.
Publié à 06:53, le 24/01/2008, Népal Mots clefs : himalayan, hindouisme, bouddhisme, hippie, newar Les anciennes capitales du Népal
11:15, 22/01/2008
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Un peu d'histoire Un ou deux millénaires avant notre ère, la plaine indienne du Gange a été conquise par les indo-aryens venus d'Asie centrales. Ils ont apporté le sanscrit, la religion hindoue originelle et le système des castes. Le Népal n'a d'unité historique et politique que depuis la seconde moitié du 18ème siècle : la dynastie de Gorkha (qui règne aujourd'hui) a alors uni sous son sceptre une cinquantaine de petits royaumes hindous, plus le royaume bouddhiste tibétain de Mustang, qui se partageaient alors le territoire du Népal. Les rois Malla du peuple newar, succèdent à une longue période d'incertitude et de troubles et décident de construire leurs 3 capitales, ils les situèrent si proches l'une de l'autre que l'on peut se promener de Kathmandu à Patan et Bhadgaon sans fatigue. Les Newars forment une population autochtone qui a gardé sa langue tibéto-birmane, mais adopté la civilisation indienne système des castes inclus. Les Newars sont majoritaires dans la vallée de Kathmandu et se sont essaimés dans toutes les villes marchandes du pays.
Bhaktapur ou Bhadgaon, musée vivant Véritable cité du Moyen âge, l'une des anciennes capitales du Népal au temps des souverainetés des Newars, est située à environ 10 km de Katmandu. La route qui y conduit s'allonge entre de rares rizières et présente des faubourgs très animés mais misérables et effroyablement malpropres. Le tableau change complètement lorsqu'on atteint l'entrée de l'ancienne cité. La fondation de la ville remonte au IXe siècle. Longtemps appelée la " Cité des Dévots », elle a également su conserver son caractère religieux. Jusqu'au XVIe siècle, Bhaktapur a dominé politiquement et culturellement tout le Népal. Elle a maintenu cette position jusqu'à la conquête Gurkha en 1769. Depuis ce temps, Bhaktapur a toujours constitué un monde à part, avec une auto-suffisance économique mais aussi une féroce indépendance. Ici, la plupart des personnes âgées ne comprennent pas le népali. Leur langue est le newari, le plus pur que l'on puisse trouver au Népal.
On arrive à Bahaktapur par la porte du Lion (péage pour le droit d'entrée). A droite, un templion avec des frises érotiques montrent des animaux en pleins ébats amoureux. Le couple d'éléphants est particulièrement savoureux.
Cet art érotique ou plutôt tantrique est une forme de mysticisme qui émergea au VIème siècle en Inde. En fait, c'était alors une révolte contre les castes orthodoxes très restrictives. Le tantrisme ouvrait ses voies à toutes les castes et aux femmes. L'art érotique si florissant à Bhaktapur en est un des plus remarquables exemples.
Il y a quelques choses d'irréel dans les édifices parmi lesquels on se trouve. On a l'impression de se trouver sur la scène d'un théâtre au milieu des décors. Partout des façades en bois sculpté qui empruntent toutes les formes sauf celle de la ligne droite. Aux étages des maisons s'accrochent des loggias, des balcons en saillies s'inclinant à droite ou à gauche, jamais d'aplomb.Les toits superposés s'entremêlent, se chevauchent donnant la même impression d'instabilité, de structures ébranlées par un tremblement de terre. Il semble que tout cet ensemble de boiseries vétustes va s'écrouler inopinément : pourtant cela tient depuis des siècles. Une décoration en couleur se surajoute aux dessins sculptés dans le bois ou dans la pierre. Ses teintes, qui ont du être vives, conservent encore en dépit de l'effet du temps, une plaisante fraîcheur ; mais l'effet le plus frappant est produit par les ornements de cuivre qui rutilent avec une sorte d'arrogance provocatrice sur tous les édifices.
On Franchit la porte d'Or, chef-d'œuvre de l'orfèvrerie népalaise représentant une déesse à 4 têtes, réalisée au XVIIe siècle, elle est en cuivre doré et nous sommes sur Durbar square.
Sur la droite de la porte d'Or, Le palais aux 55 Fenêtres est le plus pur des bâtiments royaux. Il a été entièrement reconstruit après le tremblement de terre de 1934. Les fenêtres aux linteaux finement sculptés sont encastrées dans la brique. A partir du 2e étage, une dentelle de bois forme une galerie de 55 fenêtres juxtaposées.
Une statue en bronze du rajah Bhupatindra Malla surmontant une colonne attire l'attention . Le rajah est représenté assis sur un trône, les mains jointes dans l'attitude de l'adoration. C'est à ce roi, grand protecteur des arts, que l'on doit la majorité des extraordinaires monuments de la ville. On ne peut avoir qu'une idée partielle aujourd'hui de ce qu'était la splendeur de Bhaktapur à son apogée.
Le trône est supporté aux quatre coins par des lions, une dentelle de pierre ouvragée représente le tapis couvrant le trône, lui-même placé sur un énorme lotus. Au dessus du rajah unel'ombrelle, emblème de royauté à laquelle l'artiste a donné la forme d'une cloche suspendue par une hampe. À proximité du Durbar, une autre place, Taumadhi Tole, absolument ravissante et très animée.
Une idée singulière se manifeste dans l'architecture du Nyatapola, le temple aux cinq étages. Des deux côtés de l'escalier très raide qui monte vers le temple dix statues sont étagées par paires.
Presque en face de celui aux 5 étages, s'élève le temple Bhairavani dédié à Bhairav, la forme terrible de Çiva. Ce fut le premier construit sur cette place, très vénéré, il est très richement orné et sa porte est gardée par deux animaux fantastiques en bronze dont la gueule est peinte en rouge vif. Toute une faune de bêtes extravagantes s'ébat sur la façade du monument. Les stores qui closent les fenêtres et les portes des chapelles sont faits de rubans de métal doré. La splendeur artistique de la décoration est gâtée par la crasse qui y est accumulée en couche épaisse, produite par les offrandes de beurre, de riz, de gâteaux poisseux que les dévots y collent. La rue qui commence entre le Nyatapola et le Bhairava est l'artère commerçante de Bhaktapur. Elle est bordée de maisons superbes et d'échoppes pittoresques, jusqu'à la place de Dattatreya, bordée de temples et de demeures médiévales.
Il suffit de marcher 5 mn pour atterrir en plein Moyen Age : Le quartier des Potiers (Kumalé) derrière la place Taumadhi Tole.
Les techniques n'ont pas changé depuis des siècles. La glaise vient de Thimi, un village à l'ouest de Bhaktapur.
On se perd dans les ruelles alentour pour saisir des images pittoresques de la vie quotidienne. En octobre, les places se couvrent d'un tapis d'orge et de riz qui sèchent au soleil.
Patan "la ville aux mille toits d'or".
Patan (Lalitpur), ancienne ville royale, autrefois capitale et ville d'art, Lalitpur (la Cité de la Beauté) est situé à 6 kilomètres au sud du centre de Katmandou, mais avec l'extension des deux villes la seule démarcation visible est la rivière Baghmati., c'est une des grandes villes Newari avec Katmandou et Bhaktapur. Patan était auparavant un grand centre d'enseignement bouddhique, comme en témoignent les nombreux monastères éparpillés dans la ville. Lalitpur fut choisie par l'empereur Ashoka, qui serait d'après certaines traditions le fondateur de la cité, pour y élever l'un des quatre grands stupâs qui la ceinturent, situés aux points cardinaux, et serait de ce fait la ville bouddhique la plus ancienne d'Asie. Le centre ville, constitué par la place du Darbâr ou Durbar Square*, est enchanteur, on dit qu'il a la forme d'une conque, symbole de Vishnu. Là s'élève la statue du râja Yoga Narendra Malla.
Le palais, comportant plusieurs cours intérieures, serait dû au râja Siddhi Narasimha qui régna de 1620 à 1661.
Les temples ne manquent pas à Patan profusément décorés de sculptures, de peintures et d'ornement en cuivre,
Le Hiranyavarma Vihâra, ancien monastère bouddhiste dédié à Avalokiteshvara (XIIe siècle) appelé également la Pagode d'Or.
Et les fidèles sont toujours présents pour déposer quelques offrances
le Krishna Mandir datant de 1630, il est supposé être le premier spécimen construit en pierre. C'est le seul temple au Népal qui possède 21 tours en or. Des scènes épiques comme le Ramayana et le Mahabharata sont gravées sur des frises. Tous ces temples sont de différentes dimensions certains n'étant que de petites chapelles ou de simples niches contenant la statue d'une déité.
Un grand nombre de statue sont barbouillées de couleur rouge pour imiter le sang représentant les sacrifices à la déesse "mère" et autres membres du Panthéon.
En ce dimanche d'octobre à Patan les newars fêtent Dassain : Commémoration de la victoire de la déesse Durga sur le démon-buffle Mahisasura. À l'automne début octobre durant les dix jours suivant la nouvelle lune, les newars culminent les sacrifices. Chaque famille hindoue décapite pour l'offrir à la déesse un coq, un bouc, parfois elles immolent un jeune buffle.
Patan est également un grand centre d'artisanat, surtout en matière de ferronerie, en autre la fabrication des "bols tibétains".
Nous quittons Patan pour Durbar square et son animation. Durbar square, centre monumental de Khatmandu C'est le centre monumental de Katmandou, avec une accumulation caractéristique de temples, palais, pagodes, statues, des monuments très beaux, très étranges. Parfums d'encens, tintements de cloche, dévots affairés pour la pûjâ, Durbar square est le lieu où se retrouve toute la population en ce samedi de fête. La foule qui flâne et la cohorte de petits vendeurs laissent une impression de grouillement.
Dans les rues commerçantes nous sommes bousculés, happés, presque portés et nous aurons beaucoup de mal à nous frayer un chemin.
Le taxi nous dépose sur la grande place de Basantapur, aujourd'hui transformée en marché aux souvenirs et qui était autrefois le « parking» des éléphants royaux.
Nous nous dirigeons ensuite vers une sculpture de Garuda (véhicule de Vishnu), à genoux et les mains jointes : mi-homme mi-oiseau, Garuda représente l'énergie et le pouvoir divin.
Le plan en mains j'essaie de me repérer, pas évident, sauvé par un guide népalais et ses touristes anglais qui m'indique notre emplacement : Kasthamandap
Ce sanctuaire est dédié à un saint homme très populaire au Népal, Guru Goraknath. Certains pensent que son édification daterait du XIIe siècle, d'autres penchent plutôt pour le XVIIe. Cet édifice, qui aurait été construit avec le bois d'un seul arbre, servait de lieu de repos pour les pèlerins et les marchands sur la route du Tibet. Aux quatre angles de ce temple sont placées des statues de Ganesh. En fait de saint homme un Sadhu nous apostrophe pour une photo. A travers de très vieux édifices un peu délabrés et des ruelles particulièrement sales, nous slalomons entre les tas d'immondice qui s'étalent partout.
Il faut également éviter les rickshaws, les vélos, les chiens les vaches et les petits vendeurs, tout simplement assis par terre pour vendre "leurs babioles". Mais tout n'est que sourire.
Nous découvrons le Mahadeva ou temple de Bhimsen, difficile de le manquer : il domine tout Durbar Square. Un escalier étroit aux marches irrégulières et creusés par des siècles de passage nous mène au sommet. De là, on peut observer toute l'activité de la place. Construit en 1690, ce temple de trois étages possède une particularité; son pinacle (le symbole placé sur le haut du toit) est en forme de stûpa, ce qui est pour le moins surprenant pour un temple dédié à Çiva.
A notre gauche, nous découvrons Asta Yogini, temple de Çiva et Parvati. Impossible de les louper, ils observent par la fenêtre tout ce qui se passe sur Durbar Square depuis des siècles. Ah, s'ils pouvaient parler!
L'ancien palais royal, Hanumiin Dhoka,
la porte d'Or, en retrait dans un angle, à côté de la statue de Hanuman, le dieu singe, recouverte de pâte rouge. Cet édifice complexe, à la fois religieux, politique et administratif, a été commencé au XIVe siècle..
Jagannath Temple, situé à l'entrée de l'ancien palais royal, à côte de Durbar Square. Grande richesse dans sa décoration et dans la .variété de ses motifs érotiques, d'autant plus beaux qu'ils sont polychromes.
Bhagwati Temple, après avoir longer la grande bâtisse blanche néo-grecque, on trouve une construction à trois toits avec ses superbes sculptures sur bois représentant plusieurs déesses.
Les fenêtres d'ivoire, au coin du palais royal. Trois fenêtres uniques au Népal en ivoire merveilleusement travaillées. De là, les rois Malla observaient les défilés et processions. On les a redécouvertes lors du nettoyage du palais pour le couronnement du roi Birendra en 1975.
Le temple de Taleju : le plus beau et l'un des plus anciens (1564). Trois étages de toits en cuivre doré s'élevant à plus de 35 m. Dédié à la déesse tutélaire des rois Malla. On raconte que dans le « Saint des Saints» de cet édifice se trouve l'arc orné d'un fabuleux diamant que Ram utilisa pour tuer le roi de Lanka. Une autre légende dit que Prithivi Narayan Shah, le conquérant de Gorkha, offrit un sacrifice humain à Taleju pour fêter sa victoire. La déesse lui apparut alors en rêve et lui exprima son désaccord pour cette pratique barbare. Dès lors, les sacrifices humains ne furent plus jamais autorisés. La visite est interdite, seuls le roi et les membres de la famille royale peuvent pénétrer dans le sanctuaire principal.
Pour remonter sur Thamel nous traversons les vieux quartiers newars
puis nous empruntons : Makhan Tale: la « rue en diagonale ». En cours de route, elle change parfois de nom (Indra Chowk, Asan Tole). La plus grande concentration de boutiques de Kathmandu.
Et nous retrouvons les rues commerçantes de Thamel pour faire nos derniers achats, nous visitons la librairie "Pilgrims" merveilleux endroit où fureter et découvrir des petits trésors. Partout de la lumière et des fleurs dans Mantra aux coins des rues. Ce sera difficile demain de quitter tant de charme.
Publié à 11:15, le 22/01/2008, Bhaktapur Mots clefs : bhaktapur, newar, patan Les mille visages de la religion au Népal
04:29, 2/12/2007
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14 sommets culminants à plus de 8 000 mètres, des hivers d'une rigueur impitoyable ! Des royaumes interdits, dont un Tibet mystérieux. L'imaginaire occidental a chéri l'idée d'un Himalaya infranchissable aux limites du monde des humains. Pourtant le toit du monde n'a jamais été une barrière naturelle infranchissable pour l'homme.
Situé sur les plus importantes voies de passage, les royaumes himalayens comme le Népal, ont toujours profité de ce flux commercial. Spécialisés dans l'import-export entre le Tibet, l'Inde et la Chine, ils tiraient leurs ressources des taxes et barrière douanières. Durant le 17 et 18ème siècle l'argent en lingot importé de chine par le Tibet arrivait au Népal pour être fondu et frappé avant de s'en retourner sous forme de monnaie tibétaine, le Népal ayant pris sa commission au passage. Ce rôle de "transitaire" était à ce point vital que les Newars du Népal n'hésitaient pas à défendre par la force leur monopole commercial. La chaîne regorge de lieux de pèlerinages, chaque année, les fidèles la traversent :
Depuis le 18ème siècle les états garantissent la libre circulation des marchands et des pèlerins. Et voilà pourquoi, les hommes, les produits et les croyances sillonnent la chaîne et en ont fait un extraordinaire réservoir de syncrétisme culturel. Le Népal est une terre où se côtoient, dans la paix et la tolérance une multitude d'ethnies parlant 75 langues ou dialectes différents. Royaume magique où le quotidien est encore fait d'histoires de rois, de princesses, de divinités, de géants, de démons. Le charme de ce pays se ressent jusque dans l'amabilité de ses habitants. La religion officielle est l'hindouisme, mais le pays compte aussi des bouddhistes, quelques musulmans et une poignée de chrétiens. Le chamanisme, représentant la religion tribale millénaire, est toujours présent au Népal. L'hindouisme, Religion officielle du Népal Sur l'ensemble du Népal, l'hindouisme domine largement. C'est la religion officielle, le Népal étant le seul pays à se proclamer hindou dans sa constitution. Le cycle de la vie est rythmé par plusieurs cérémonies qui en marquent les étapes : rite du sixième jour après la naissance où le Destin imprime sa marque sur le front de l'enfant, don du nom (Tikha) consommation du riz, tonsure, initiation des jeunes garçons, devoirs sociaux, mariages et funérailles. Le roi hindouiste du Népal est considéré comme l'incarnation vivante de Vishnu, il est "sept fois roi et dieu", il peut nommer à son tour des ragyas, des sous-rois. Le panthéon des dieux offre une multiplicité assez déroutante. Certaines fêtes hindoues sont propres aux Newars.
Durant Shivaratri, les femmes célèbrent l'homme, c'est l'adoration du principe viril. A cette occasion elles revêtent des tenues rouges (signe d'adoration) et chantent et dansent.
Durant la commémoration de la victoire de la déesse Durga sur le démon-buffle Mahisasura, les viscères des d'animaux sacrifiés sont noués comme des guirlandes aux porches et aux voûtes des temples faisant suinter le sang goutte à goutte.
Les gens de caste et l'Hindouisme Les gens de caste sont majoritaires dans le Téraï (plaine) et dans tout le moyen pays. Ils ont adopté l'organisation sociale de l'Inde hindoue, qui repose sur un système de stratification sociale extrêmement sophistiqué et dont les principes sont : distinction et hiérarchie. La théorie classique de l'hindouisme : Le système des castes est écrit depuis plus de 2 millénaires dans des traités normatifs. Les Dharmashastra et les Dharmasutra, qui fixent les règles de conduite de tous les membres de la société hindoue dans le domaine de la vie religieuse comme dans celui de la vie civile. Ces règles varient selon la place occupée par chaque individu dans la hiérarchie. On a un système de 4 classes hiérarchisées. Ces classes ne sont pas fondées sur l'idée de la classe sociale telle que nous l'entendons dans notre culture, mais plutôt sur l'idée de groupe de statut héréditaire au sens biologique. La société humaine est divisée en genres et en espèces comme le reste du monde animal ou végétal. La pensée hindoue apporte une justification religieuse à cette division de la société : un individu naît dans une classe, mais comme il s'agit d'une renaissance déterminée par les actions et les mérites de ses existences antérieures, l'individu est responsable de ce classement et doit accepter son rang pour toute sa vie présente, avec les droits, les devoirs et les privilèges qui s'y rapportent. Les 4 classes : Les sa-varna ou gens de classe qui se répartissent dans les 4 varna ou classes suivantes :
Les a-varna ou gens sans classe
Ce sont les gens cantonnés dans les métiers impurs que les classes supérieures ne peuvent exercer (bouchers, tanneurs, forgerons, vidangeurs, blanchisseurs etc...). La "classe" elle-même, comme un genre pour reprendre le langage biologique, est subdivisée en multiples espèces qu'on appelle les 'Jat" ou castes. Ce sont les groupes de statut derniers, héréditaires, dans lesquels se transmettent les spécialisations professionnelles. Pashupatinath, ville de pèlerinage à 5 km à l'est de Kathmandou, Pashhupatinath, (temple shivaïte) lieu de pèlerinage des hindouistes sur les bords de la rivière sacrée Baghmati, est l'un des centres les plus vénérés du pays. Pashupati est l'un des multiples noms du grand dieu Çiva. Un des autres noms de Pashupati est « la vallée de l'ombre ». Si le site est vénéré depuis des temps très anciens, les bâtiments actuels datent du 17ème siècle. L'histoire dit que le Raja Pratap Malla a accompli un acte de piété pour une raison bien curieuse. Dans son harem qui abritait 3 000 concubines, il viola une fillette impubère et celle-ci en mourut. Ce libertin comprit alors la grandeur de son crime. Pour l'expier, il fit une retraite de trois mois à Pashupatinath et s'occupa à agrandir et enrichir généreusement le sanctuaire. Pour rejoindre Pashhupatinath, on traverse le pont qui enjambe la rivière sacrée, où se baignent des bandes de singes, ce sont des entelles de l'Himalaya.
Ce singe est considérée comme un animal sacré par tous les Hanuman, et n'est jamais inquiété par la présence humaine. On lee rencontre sur tout le sous-continent indien depuis le Pakistan jusqu'au Népal et au Sri Lanka et jusqu'à 3600 mètres d'altitude, c'est à lui que l'on attribue la plupart des traces prétendues être celles de l'"abominable homme des neiges". Organisés en bandes et vivent également en ville. Dans la nature il affectionne les habitats escarpés et couverts de végétation. Le régime alimentaire des entelles est essentiellement composé de feuilles, de fleurs et de fruits. On grimpe la colline boisée de Mrigasthali. Du haut de la colline, sur une grande terrasse, on a un aperçu général de Pashupatinath.
A travers bois, on accède à l'escalier monumental, où se trouve tout un ensemble plus ou moins abandonné de monastères et de petits temples. On découvre l'atmosphère toute imprégnée de cette terreur sacrée, propre aux lieux où Çiva règne. Le Golden Temple, l'accès n'est autorisé qu'aux hindous.
La rue qui conduit au temple est particulièrement animée avec ses boutiques de fleurs, bondieuseries et ses Sadhus. Ces hommes couverts de cendres, vêtus d'un simple tissu de coton, vivent en ascètes en marge du monde. Leur front est marqué de trois traits horizontaux. D'une main, ils portent le trident de Çiva, de l'autre, une sébile.
Des femmes brahmanes venues de toute la vallée se rendent aujourd'hui à Pashupatinath tout de rouge vêtues pour prier au temple d'Or, danser et chanter puis faire leurs ablutions dans la Baghmati. Le spectacle des saris aux couleurs chatoyantes est magnifique.
Les bûchers de crémation (Burning Ghats), le long de la rivière, sur la rive du temple d'Or, se déroulent les crémations. La Baghmati se jetant dans le Gange, la crémation à Pashupatinath a la même valeur qu'à Varanasi. Des dizaines de népalais hindouistes sont brûlés sur les bûchers tous les jours.
Des ghâts de forme circulaire, sur l'autre rive, servent quant à eux aux ablutions des Sadhus et de plongeoirs aux gamins !
Cependant, tous les Népalais ne sont pas hindous : environ 30 pour 100 appartiennent au bouddhisme mahayana. On leur doit les grands stupas de la vallée, ainsi que de nombreux monastères. Les bouddhistes newars ont leurs propres cérémonies. Mais hindous ou bouddhistes les newars ont été très influencés par le tantrisme et certains de leurs dieux, certaines de leurs fêtes sont communes aux 2 religions. C'est le cas, notamment pour le dieu Matsyendranath et des deux fêtes à Patan et à Katmandu. Le Boudhisme : en quelques mots
En 500 ans avant Jésus-Christ on trouve dans l'Himalaya népalais un royaume qui se nomme Kapilavastu où naquit alors Gautama. Le jeune prince de ce royaume abandonna femme et enfants pour prêcher l'illumination dont il fut rempli. Ce roi c'était Bouddha que l'on nomme Sakyamuni, le sage de Sakya, fondateur du bouddhisme, secte dérivée de l'hindouisme. Selon le bouddhisme, prendre conscience de notre condition d'être vivant dans le monde, c'est réaliser que notre condition n'est que souffrance et insatisfaction, au mieux, qu'un état de bonheur passager. Cet état prolongé de satisfaction vers lequel on tend est impossible dans ce monde car tout est impermanent : le monde et les êtres sont éphémères, tout change d'instant en instant. Il n'est rien dont l'existence ne soit garantit au-delà du présent. Le but des enseignements de Bouddha : libérer l'être de la souffrance en lui montrant le chemin qui mène au bonheur inaltérable. Mais pour atteindre au bonheur, il faut abolir la souffrance, et donc connaître les causes de cette souffrance. La souffrance a pour origine l'ignorance. C'est un fondement essentiel de la doctrine du bouddhisme. L'ignorance est due à trois erreurs majeures, trois grandes illusions :
Selon l'enseignement de Bouddha, seule la sagesse et la compassion permettent le réel bonheur, l'état de Bouddha (nirvana), but suprême du chemin spirituel, qui met fin au cycle des réincarnations. Deux chemins distincts sont proposés par le bouddhisme pour se libérer de l'emprise de l'ignorance :
Plusieurs courants cohabitent à l'intérieur de ces deux écoles. Mais tous ont pour point doctrinal commun la triple pratique de la morale, de la concentration mentale et de la sagesse. Le bouddhisme au Népal est connu sous le nom de lamaïsme, le bouddhisme tibétain (une des branches du Grand Véhicule, connue sous le nom de Vajrayana ou Véhicule du diamant). L'originalité du Lamaïsme tient entre autres choses au fait qu'il se soit approprié les croyances et les pratiques magiques ancestrales du monde tibétain. De nombreux éléments de rites et de la symbolique bön (la religion ancestrale du Tibet) ont été assimilés dans le lamaïsme, ce qui explique la masse de déités aux allures féroces, à l'origine des démons de la religion bön, qui sont propres au panthéon tibétain. Dans le nord du Népal, chez les populations de langues et de culture tibétaines, les chemins sont jalonnés de petits chortens et de murets où s'entassent les pierres votives gravées. Devant chaque maison flotte un drapeau à prière. Les villages ont leurs Gompa (ou temple, résidence des lamas qui en ont la charge) et leurs moulins à prières. Les grands monastères se trouvent surtout à l'Est, en pays sherpa. Leur vitalité doit beaucoup à l'afflux de moines réfugiés du Tibet. Les Stûpas de la vallée de Kathmandu Bodhnath ou Bauda
Bodnath et son immense dôme blanc surmonté d'une tour où les yeux fascinants de l'immuable Bouddha sont peints sur les quatre faces se trouve à la périphérie de Kathmandou 5 km du centre ville et de Thamel. C'est le rendez-vous fervent de l'Himalaya bouddhiste. Sanctuaire du bouddhisme, la ville appartint très tôt au monde tibétain car les pèlerins y venaient de toute l'Asie. L'origine du stûpa est un peu obscure, il est néanmoins considéré comme ayant été construit par le roi Mana Dev au 5ème siècle avant J-C. Aujourd'hui, beaucoup de tibétains se sont installés autour du stûpa après leur exil sous l'invasion de la Chine. La plupart de ces habitations se sont transformées en commerce tibétain. Le dynamisme de la communauté tibétaine se manifeste d'ailleurs par le nombre élevé de luxueux monastères édifiés ces dernières années ou en cours de construction.
Bodanath a été construit au milieu d'une vaste plaine, parmi des champs cultivé, il est entouré d'un cercle de maisons, les pancartes et les néons, les cafés où l'on peut consulter Internet trépidant de musique rock font que Bodhnath se révèle aussi un centre commercial prospère, avec tout ce que cela implique de boutiques de souvenirs et de vrais-faux mendiants .
Le lieu est très vivant, à toute heure du jour, laïcs et moines tournent autour du stûpa, allant parfois jusqu'à s'agenouiller de tout leur long. On fait le tour du stûpa traditionnellement 3 fois. Les femmes arborent tenues, coiffes et bijoux somptueux.
Bodanath est un stûpa de dimensions considérables (100 m de conférence). C'est l'un des plus impressionnants du Népal, et il produit une saisissante impression de puissance. Ses bâtisseurs en ont fait un mandala que seul Bouddha pouvait contempler. Un mandala, c'est une figure où domine le cercle qui symbolise l'eau, entouré de carrés (la terre), eux-mêmes cernés d'un ou plusieurs cercles extérieurs. Les mandalas inspirent la méditation bouddhique.
Le monument a la forme commune des stûpas népalais, mais la butte en forme de dôme s'allonge dans le sens de la largeur. La tour carrée "le toran" qui émerge de cette sorte de gigantesque champignon, porte, comme d'usage, deux yeux grands ouverts, sur chacune de ses quatre faces, on se sent capturé par le regard de ses yeux immobiles qui guettent et qui observent. Que n'ont-ils pas vu depuis plus de 10 siècles ?
Au-dessus, s'étagent les treize gradins symbolisant les étapes du bodhisattva vers la connaissance. Le sommet de Bodanath a la forme d'une pyramide surmontée de l'ombrelle habituelle. Le Stûpa se compose de cinq terrasses (sur lesquelles on peut grimper). Le "Totan" qui surmonte la coupole représente le feu et la couronne terminale figure l'air, ainsi se superposent les quatre éléments. Les treize marches qui séparent l'hémisphère du pinacle symbolisent les treize stades et l'accès à la connaissance parfaite ou Bodhi d'où le nom de Bodhnath est tiré. Le stûpa contiendrait dans son sanctuaire les cendres de Kashyapa, le prédécesseur de Bouddha Sakyamuni. Un large chemin circulaire permet aux pèlerins de faire le tour du monument comme l'exige le rite dénommé Kora (dans les écrits du bouddhisme primitif, il s'agit d'une marque de civilité usitée dans l'Inde qui consiste à tourner autour d'une personne à qui l'on veut rendre hommage). Des niches sont pratiquées sur le pourtour, dans chacune de ces niches se trouve un gros cylindre que l'on peut faire tourner en le poussant avec la main. Ces cylindres sont dénommés, très improprement "moulins à prières". En fait, ils contiennent des rouleaux de feuilles de papier ou de rubans d'étoffe sur lesquels sont imprimés, non seulement le "om mani padme hum" mais aussi des traités philosophiques ou des mots et des phrases usités dans les rites magiques. D'après la croyance populaire, la mise en mouvement du cylindre qui entraîne la rotation du rouleau qui y est renfermé équivaut à la récitation de ce qui est imprimé sur celui-ci.
Ce qui surprend c'est la propreté des terrasses et du pourtour du monument, la blancheur du dôme. Ce contraste surprenant avec Swayambhounath parait démontrer que l'endroit n'est pas fréquenté par le même genre de dévots. Ce qui distingue Bodanath de Swayambhounath, ce n'est pas seulement la différence de leur situation géographique et certaines particularités de l'architecture des stûpas mais, plutôt le caractère de leur environnement immédiat. On ne rencontre pas à Bodanath l'influence débordante de l'hindouisme qui submerge Swayambhounath. Bodanath respire la foi tibétaine.
A Swayambhou nath, il ne s'agit pas d'un monument funéraire, puisque le stûpa est supposé renfermer la flamme vivante de Swayambhou.
Swayambhounath, au lieu de pélerinage Le temple de Swayambunath, appelé aussi « Monkey Temple », est perché sur une colline, à 2 km à l'ouest de Kathmandou. C'est l'un des pèlerinages les plus populaires, tous les jours il se passe quelque chose surtout pendant les fêtes newars. Swayambu est le plus ancien stûpa de la vallée, l'édifice contient des reliques et des documents et il est considéré comme l'un des premiers sanctuaires bouddhiques du monde. C'est sur une colline dénommée Swayambhounath, que le stûpa a été érigé pour cacher la flamme de Swayambhou. Le stûpa dont la construction ressemble à un tas de terre de forme arrondie, est le premier monument que bâtirent les bouddhistes lorsque la doctrine originelle du Bouddha commença à dégénérer et que ses adeptes retombèrent dans les superstitions courantes autour d'eux : culte des reliques, etc… sa fondation remonterait à 2 500 ans, mais les bouddhistes ne la datent pas. On accède à la plate-forme sur laquelle le stûpa est construit, par un escalier escaladant la colline parmi des bois.
On croise de nombreux pèlerins qui descendent du temple, ayant achevé leurs dévotions ; d'autres y montent portant des offrandes : riz, fleurs et marmonnent des invocations. Sur la terrasse, la vue sur la ville et la vallée est saisissante.
Au sommet de l'escalier se trouve un énorme vadjra posé sur un piédestal dont la base sculptée représente des animaux. Le vadjra (en tibétain dordji) est un instrument rituel que le célébrant de certains rites tient en main et manœuvre de différentes manières. Chacun de ses gestes ayant un sens symbolique. Vadjra signifie "diamant" mais aussi tonnerre et par analogie a en symbolisme, le sens d'indestructible ; "il est cela qui détruit et qui n'est pas détruit". C'est aussi l'emblème de la puissance.
Le monument, haut d'à peu près une dizaine de mètres, ne manque pas d'une certaine majest& | |